L’Europe sociale et écologique, c’est une Europe insoumise !

Pour beaucoup de gens, l‘Europe est loin, très loin en ce moment, tant l’actualité est dominée par d’autres enjeux. Toute notre réflexion se concentre sur les gilets jaunes cet extraordinaire mouvement social qui nous donne des ailes, à nous, insoumis et insoumises, en France mais pas seulement. Le jaune devient la couleur du ralliement contre les politiques néolibérales en Europe et au-delà.

Ce mouvement social ne doit pourtant pas masquer les fortes vagues qui se forment ici et là. Je n’en mentionnerai ici qu’une mais qui est significative parce qu’elle est par nature, en raison même de sa forme, annonciatrice de l’avenir. Des dizaines de milliers de personnes défilent régulièrement, et notoirement des jeunes hommes et femmes, des lycéen.nes, en Belgique pour le climat. Leur détermination est riche d’espoir pour nous.

Surtout, elle dit que plus personne n’est dupe. Plus personne n’ignore que les responsables européens, pour s’en tenir à eux, se moquent du changement climatique, qu’ils versent des larmes de crocodile sur le sujet, mais continuent de défendre et de renforcer les politiques qui détruisent, rapidement et sûrement, notre planète entière.

Nous avions coutume de dire que les capitalistes nous vendraient la corde avec laquelle nous les pendrions (c’est une image, une métaphore, qui n’est pas de nous, je le précise pour que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, ne se fende pas d’un nouveau twiiiiiiiit pour dénoncer les insupportables violences verbales d’une candidate de la France Insoumise et demander que les gilets jaunes arrêtent leurs manifestations). L’image devient glaçante si nous disons à présent que les capitalistes nous laisseront une planète détruite lorsque nous les chasserons des gouvernements.

Oui, ces manifestations en Belgique viennent nous rappeler l’urgence climatique et la pertinence de l’échelle européenne pour agir efficacement, même si nous devons d’ores et déjà raisonner à l’échelle mondiale. Mais il ne faudrait pas que cette échelle de pensée soit un frein à nos ambitions, un frein à notre Avenir en commun. C’est en effet un moyen commode d’évoquer l’Europe pour couper les discussions. Combien de fois avons-nous entendu qu’il fallait raisonner à l’échelle européenne, qu’il fallait agir au niveau européen, que le cadre national n’était plus pertinent !

Certes. Mais encore ? Comme vous allez encore et encore l’entendre pendant cette campagne, à chaque fois, posez la question : en pratique, qu’est-ce que nous faisons ? 

Car s’il y a climat dans « urgence climatique« , il y a aussi urgence ! Il est donc urgent d’agir. Alors, ce niveau européen qui nous protège et qui est pertinent ? Où est-il ? Avec quels partenaires européens, quels autres partis européens sera-t-il possible d’agir tout de suite parce qu’il y a urgence ?

Certain.e.s pourraient être tenté.e.s de voter pour des listes « attrape-tout » dont les programmes sont un catalogue de bons sentiments, des listes qui ont déjà le soutien des médias, qui font toujours les yeux doux à celles et ceux qui annoncent des révolutions qu’ils et elles ne mèneront pas….

C’est, du reste, pour cela que les médias, surtout les éditorialistes, ne nous aiment pas. Parce qu’ils et elles nous savent révolutionnaires pour de vrai, parce qu’ils et elles savent que nous ferions tout pour appliquer notre programme de partageux et d’écologistes si nous étions au gouvernement, quand nous serons au gouvernement.

Catalogue de bons sentiments que ces listes qui rassembleront des Européens convaincus, des Européens de progrès, des Européens qui refusent les replis identitaires, les populismes, des Européens sensibles aux questions migratoires.

Bref qui rassembleront des gens biens, qui ne portent pas de gilets jaunes parce qu’il est bien connu que leurs revendications sont ambigües et qu’il faut participer au grand débat, qu’il faut des représentants. Bref, des gens raisonnables. Raisonnables, soit. Raisonnons donc.

Européens, vous dites ? Mais cette liste, n’est-elle autre chose qu’un rassemblement de citoyens et de citoyennes françaises ? Où sont vos correspondant.e.s en Europe  ? Au Parlement européen, au sein de quel groupe allez-vous siéger ?

Quel.le candidat.e allez-vous soutenir pour diriger la Commission européenne ? Et si, par malheur, ce n’est qu’une hypothèse, l’Europe qui nous protège, ou plutôt les institutions européennes, à commencer par la Commission et le Conseil européen, les véritables institutions décisionnaires, non démocratiques, en Europe, décidaient de ne pas nous protéger ?

Prenons un exemple : octobre 2017, la Commission soumet aux États un projet de renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour dix ans. Après discussion, un compromis l’emporte, cinq ans de plus de glyphosate.

Alors, les Européens favorables à l’Europe qui nous protège ? Cinq ans d’empoisonnement collectif, c’est un bon compromis ? C’est un bon accord entre Européens convaincus ? Est-ce raisonnable ? Et oui, derrière les bons sentiments, les slogans, il y a des réalités concrètes. Réalités concrètes que tous ces Européens convaincus ignorent pour certains d’entre eux, masquent pour d’autres.

À mesure que les années passent, ils et elles continuent à nous resservir le même projet, ou plutôt le même slogan, sans jamais se donner les moyens de le mettre en œuvre.

« Et maintenant l’Europe sociale », « Vite l’Europe sociale », « Europe unie »… je suis sûre que vous vous souvenez, les plus anciens d’entre vous au moins, des noms ronflants des listes « progressistes et européennes » des campagnes précédentes. Voilà où nous en sommes. Voilà comment l’Union européenne fabrique le nationalisme en Europe, à coup de bons sentiments. Mais la politique, ce ne sont pas des bons sentiments.

glyphosate pour dix ans
Vous reprendrez bien un peu de glypho ?

Et c’est ce qui nous différencie de tous ces auto-proclamés Européens convaincus, non pas la conviction européenne, mais les bons sentiments. La France Insoumise ne propose pas un catalogue de bons sentiments mais un programme. Concret, répondant aux questions qui se posent vraiment.

Car s’il y a urgence, climatique et sociale est-il besoin d’en parler ?

S’il y a urgence à agir, s’il y a urgence à agir au niveau européen, comment le faire concrètement ?

Et surtout, que faire si les dirigeants de l’Europe qui nous protège décident, finalement et manière consensuelle, de ne pas nous protéger ?

Imaginons qu’un dirigeant européen, se souvenant des traités qui constituent juridique l’Union européenne, traités qui en droit l’emportent sur nos législations (et oui, les libéraux ont tout prévu, le droit international est supérieur au droit national, raison pour laquelle ils n’ont de cesse d’inscrire dans le marbre des traités des politiques économiques libérales), imaginons donc un dirigeant nous opposant tel article du traité.

Il nous dirait : « Bien sûr, Européen convaincu comme vous, je suis d’accord pour dire qu’il y a un problème mais ce n’est pas possible d’agir parce que le traité l’interdit ».

Soyons plus précis encore. L’urgence climatique impose de lancer une grande politique d’investissement (éoliennes en mer, sortie du nucléaire, plus un camion sur les routes, etc.). Et ce n’est pas la France Insoumise seulement qui le dit mais Nicolas Hulot au moment d’annoncer sa démission ; les traités européens interdisent ce type de politique en raison de la limitation aveugle des déficits budgétaires nationaux.

Car si les Européens convaincus se préoccupent de la dette financière, ils et elles s’affranchissent allègrement de la dette écologique.

S’ils et elles pleurent sur la dette que nous laissons à nos enfants, laisser une planète dévastée par le capitalisme ne leur arrache aucune larme. Or, les lycéen.ne.s belges nous le rappellent, ils et elles manifestent pour sauver la planète, sauver le climat, et non pour sauver les banques. Bref, l’urgence climatique, si elle est prise au sérieux, impose de ne pas respecter les critères de restriction budgétaire fixés par les traités européens actuels.

Alors que faire ?

Une première possibilité, parce que nous sommes aussi Européen.ne.s, convaincu.e.s même, consiste à ouvrir des négociations avec nos partenaires européens, forts de notre succès électoral, forts de la volonté du peuple français qui est, dans notre cadre démocratique actuel, la seule volonté qui compte. Nous sommes forts aussi des 18% du PIB européen que l’économie française représente, forts de notre contribution nette au budget européen (nous donnons plus que nous recevons). Nous serons forts aussi de l’appui d’autres pays européens (Italie, Espagne, Grèce, etc.) victimes tout autant que nous, sinon plus, de ces politiques austéritaires. Cette force nous donne mandat pour changer l’Union européenne, pour mettre la construction européenne au service du progrès social, de la réindustriablisation du continent (parce qu’il faut changer les process de production pour répondre au défi climatique) et de la transition écologique. Et si ce mandat est rejeté ? Et c’est là où nous, France Insoumise, nous avons une réponse européenne et responsable, c’est-à-dire une réponse à la hauteur des enjeux, à la hauteur de l’urgence climatique. Nous appliquerons notre politique, l’Avenir en commun, en France bien sûr, puisque tel sera le mandat reçu du peuple français, mais nous l’appliquerons avec toutes celles et tous ceux qui se reconnaîtront dans cette politique, en Europe et au-delà.

Une telle impulsion peut-elle partir des élections européennes ? Ah, je sais que vous vous dites, non, pas cette élection là, pas le Parlement européen parce qu’il n’a pas de tels pouvoirs, etc. Mais ce n’est pas si vrai.

Qui peut nier qu’une victoire nette de la France Insoumise le 26 mai 2019, au scrutin européen serait un coup de tonnerre en Europe ?

Qui peut nier qu’une telle victoire poserait la question de la poursuite des politiques actuelles en France, directement inspirées par la Commission européenne, et dont nous verrons avec l’intervention de Philippe les conséquences en matière d’industrie ?

Oui, nous serions forts, nous Insoumis et Insoumises d’une telle victoire, forts en France, mais aussi forts en Europe pour renforcer les dynamiques politiques qui émergent ici ou là et qui sont en phase avec notre mouvement.

Même si ce n’est pas grand chose, même si la droite européenne a allégé le texte, regardons la résolution votée il y a quelques jours par le Parlement européen dans laquelle est condamné « le recours à des interventions violentes et disproportionnées par les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques« . Certes, cette résolution est générale, nul pays n’est nommé, et elle n’est pas contraignante. Mais elle existe et elle permet à notre eurodéputé Younous Omarjee de déclarer : « Je m’inquiète pour mon pays, je m’inquiète pour les libertés en France et je m’inquiète du basculement autoritaire du président Macron ». En votant pour la liste présentée par la France Insoumise, vous renforcerez cette parole, en France et en Europe.

En 1789, quand la Grande Révolution s’est produite en France, elle a porté un coup de grâce à l’ordre ancien, à l’Ancien Régime. Tel est l’enjeu, à la hauteur de l’urgence climatique, qui est celui du scrutin du 26 mai. Mettons à bas l’ancien régime néolibéral, en France par notre vote insoumis, en Europe par les répliques qu’un tel résultat produira dans les autres pays.

Si valeurs européennes il y a, que ce soit les nôtres qui montrent le chemin, qui l’éclairent. Que ce soit notre fanal, et non celui des néolibéraux, qui guide celles et ceux qui se disent Européens convaincus.

L’Europe sociale et écologique, c’est une Europe insoumise !
L’Europe sociale et écologique, c’est une Europe insoumise !

Oui, nous sommes d’ores et déjà Européens

parce que nous sommes internationalistes.

Parce que nous portons la paix, et non la guerre,

parce que nous portons l’harmonisation fiscale par le haut et non le dumping social,

parce que nous répondons maintenant et non demain à l’urgence climatique,

parce que nous croyons, non aux technocrates, à la Commission, au Conseil européen, mais aux peuples européens, ici et maintenant, pas dans dix ans, cinquante ans.

Parce que nous savons qu’avec notre victoire le 26 mai 2019, tout devient possible.

Parce qu’il n’y a pas d’avenir en commun possible, en France, en Europe et même dans le monde, sans justice et solidarité.

Mobilisons les électrices et les électeurs le 26 mai. Parce qu’il y a urgence à ce qu’en France un autre discours s’exprime que celui du président Macron et de son épouvantail de confort Madame Le Pen, un discours insoumis, un discours humaniste et concret, un discours écologique.

Mobilisons et votons pour la liste présentée par la France Insoumise le 26 mai 2019.

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